La Chapelle de Saint Pancrace, blottie contre la montagne de Pied Sec, à l’orée du bois, est juchée sur une butte de laquelle on aperçoit le Briançonnais jusque dans ses profondeurs. Elle protége le Villard et les paroissiens, dont elle a servi d’église paroissiale jusqu’à 1542, date à laquelle fut construite l’église actuelle du village. Déjà une charte de l’abbaye d’Oulx, en 1148 la mentionne comme un lieu de pèlerinage très fréquenté. Encore aujourd’hui, se perpétue, la neuvaine dédiée à Saint Pancrace (12 au 20 Mai). Une nombreuse assemblée de fidèles, venue de tous les coins du secteur paroissial, participe avec ferveur à cette neuvaine, dont le point culminant est le Dimanche de Saint Pancrace, fête Paroissiale et patronale du village. C’est semble t-il la seule neuvaine encore pratiquée de nos jours dans le secteur paroissial. Raison de plus et suffisante pour faire vivre et maintenir une pratique religieuse qui a tout son sens encore aujourd’hui…
La chapelle est décorée de fresques restaurées en 1975 par les Beaux-arts, relatant la vie de Saint Pancrace.
Pancrace, né vers l’an 289, de famille noble et riche, habitait la Phrygie (Turquie). Orphelin tout jeune, il fut confié à son oncle Denis, chez qui il grandit. Ils vinrent tous deux à Rome en voyage. Les chrétiens d’alors fuyaient la persécution et vivaient dans les catacombes. La Sainteté de leur chef, le Pape Saint Marcellin était si grande qu’elle parvint jusqu’à Denis et Pancrace. Lesquels eurent envie de le rencontrer et d’être instruits par lui. Ils se convertirent à la foi de Jésus. Denis, peu de jours après mourut, et Pancrace fut pris. On savait qu’il était de sang noble et riche. On l’amena chez l’empereur Dioclétien, lequel tâcha par de belles paroles de le ramener aux Dieux Romains. Pancrace lui répondit simplement qu’il aimait son Seigneur et Dieu des chrétiens et que rien ni personne ne le ferait renoncer à Jésus. L’empereur offensé par une telle insolence commanda de lui trancher la tête. Octavie, emporta son corps qui fut embaumé et mis dans un sépulcre le 12 Mai de l’an 304.
Dès lors son rayonnement fut grand. Une église à Rome porte son nom, et la porte, anciennement appelée Aurélie, se nomme depuis Saint Pancrace. Déjà Saint Grégoire Pape (540-600) parle de sa relique et Saint Grégore, Evêque de Tour (538-594) dit qu’elle fut apportée en France. Les miracles devinrent nombreux, notamment le miracle perpétuel : celui qui faisait un serment solennel en l’église de Saint Pancrace, s’il parjurait, était frappé de mort sur place.
Dans l’histoire du Diocèse d’Embrun, écrite par Albert en 1783, on lit : « A Villard Saint Pancrace, il y a une chapelle, sous le vocable de Saint Pancrace on y accourt de partout pour obtenir les grâces dont on a besoin. Les infirmes s’y font transporter et beaucoup ont été miraculeusement guéris. Aujourd’hui de nombreuses béquilles, accrochées aux murs, témoignent de ce passé et prouvent la vérité de ces écrits. Saint Augustin, alla prêcher le christianisme aux anglais, emporta les reliques de Saint Pancrace et l’église à Canturberry est dédiée à ce Saint.
Peut-être que ces quelques lignes, succinctes vous permettront de découvrir Pancrace, jeune martyre de l’église et vénéré, non seulement dans notre région, mais partout dans le monde et dont le rayonnement nous atteint toujours.
Jean-Paul Fine.
A Jean Paul
Afin de promouvoir et valoriser notre riche et exceptionnel patrimoine religieux nous devrions nous mobiliser ! Le 4 Mai … 2008 Jour mémorable pour de nombreux chrétiens haut-alpins… un acte solennel, une symbolique religieuse forte ! Tu as autour de toi des personnes attachées à ce patrimoine … prêtes à s’investir et… sans fausse modestie … compétentes !!!
On compte sur toi !